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La machine de Sagebien

Les chiffres

Les dimensions de la roue à aube sont importantes et peu courantes :

Diamètre de la roue : 11 m.
Largeur de la roue : 6 m.
Nombre d'aubes : 70
Largeur d'une aube : 5,96 m.
Profondeur d'une aube : 2,50 m.
Surface d'aubage : 1020 m²
Volume de bois : 28 m3 (sapin de Lorraine)
Poids de l'ensemble : 83 tonnes
Puissance : 150 chevaux (environ 110 kW)

L'arbre moteur a une longueur de 11,50. Son diamètre est de 0,49 m. Son poids, de 17 tonnes, est réparti sur 3 paliers à vérins lubrifiés par du suif.

La roue de Sagebien à Trilbardou

source : Archives des Canaux de Paris


La roue de SAGEBIEN est une disposition spéciale de la roue de côté dont le but est d'admettre de l'eau avec une faible vitesse  ; cette eau travaille donc presque exclusivement par son poids. Elle est distribuée à la roue au moyen d'une vanne plongeante courbe, placée aussi près que possible de la roue. A l'amont de la vanne plongeante, une seconde vanne, appelée vanne de garde permet d'isoler la machine pour son entretien.

La particularité des roues de SAGEBIEN est de posséder des aubes non radiales. Celles-ci forment un angle de 45° avec l'horizontale lorsqu'elles entrent dans l'eau. La roue ayant sensiblement la même vitesse que l'eau, cette dernière entre sans choc dans les aubages. Les pertes d'énergie sont suppriémes et l'eau agit par son poids seul. Cette disposition permet d'obtenir un rendement très élevé, de l'ordre de 85 à 90%.

La roue a été reconstruite en 1897 et en 1929 et réparée plusieurs fois en respectant avec fidélité la structure du modèle de 1867.

Un pignon d'un diamètre de 5 m et portant 100 dents est solidaire de l'axe de la roue à aubes. Il entraine deux pignons, plus petits dans un rapport de 1 à 3, tournant donc trois fois plus vite que la roue, soit environ 5 tours par minute. Ils entrainent eux-mêmes, par l'intermédiare de manivelles et de bielles, les pistons des quatre pompes à double effet.

Ces quatre pompes permettent d'aspirer l'eau de la Marne et de la refouler, environ 12 mètres plus haut, dans le canal de l'Ourcq. Un système de clapets permet d'orienter les flux. L'eau pompée est déversée dans deux cylindres anti-bélier, dont le but est d'amortir les variations brutales de pression, dûes au pompage.

Dans de bonnes conditions de pompage, avec une hauteur de chute de 1,20m, le débit des pompes est de 320 litres d'eau par seconde.
Eugène BELGRAND, alors directeur des Eaux et des égouts de Paris, à qui Paris doit son réseau d'égouts et ses acqueducs d'adduction en eau potable, estime dans son ouvrage "Les eaux nouvelles" : "[...] son rendement en eau montée, lorsque la chute est bonne, est égal au 70/100 de la puissance théorique de cette chute. C'est certainement le meilleur moteur que la ville possède." (cité par Claude GAUDIN dans sa conférence lors du colloque "Le canal de l'Ourcq hier, aujourd'hui, demain", organisé par AFLO en 2002.)

Les pompes système Sagebien de Trilbardou.

source : Archives des Canaux de Paris


Voir aussi

Histoire de l'usine de Trilbardou

La future usine de pompage de Trilbardou

Biographie de Alphonse Eléonor SAGEBIEN

Visiter l'usine de Trilbardou

Bibliographie

Claude GAUDIN, Le Canal de l'Ourcq, Réseau fluvial de la ville de Paris, in Actes du colloque "le canal de l'Ourcq hier, aujourd'hui, demain, organisé par Au fil de l'Ourcq, 2002, éditions AMARCO

Eugène BELGRAND, Les eaux nouvelles (cité par Claude Gaudin dans les actes du colloque de AFLO, op. cité).