Les affluents

Le canal de la Thérouanne

Abonder en eau le Canal de l’Ourcq a été, dès sa mise en construction, une précaution, voire une nécessité technique.

Depuis des siècles déjà, la population, et, a fortiori, les responsables gestionnaires de l’approvisionnement en eau étaient bien conscients des aléas climatiques et leurs conséquences techniques, qu’il s’agisse des déluges pluvieux comme des sécheresses, et les concepteurs du Canal avaient tout cela bien à l’esprit.
Si évacuer les trop-pleins était relativement facile à gérer moyennant des déversoirs greffés partout où on pouvait acheminer l’eau vers une rivière ou un plan d’eau, voire des marécages en contrebas, sans que cela perturbe la navigation et l’apport d’eau à Paris, compenser le déficit en eau lié aux sécheresses était plus complexe, et surtout indispensable.
Au début du XIXe siècle, on ne disposait pas de réservoirs importants en amont latéral du tracé du Canal, seules de petites rivières pouvaient résoudre le problème ainsi posé, les rus et marais, nombreux dans les premiers kilomètres de l’amont n’étant plus productifs en périodes estivales comme hivernales.
Cela se réduisait au Clignon, à la Thérouanne, et, beaucoup plus en aval, à la Beuvronne.
Les deux usines élévatoires de l’eau de la Marne, beaucoup plus efficaces et bien plus fiables, n’arrivèrent qu’un demi-siècle plus tard !
La Thérouanne n’a que 23 kilomètres de cours, et débite en moyenne 400 à 800 litres par seconde, selon les saisons, mais avec d’importantes variations accidentelles, dont un pic exceptionnel enregistré en l’an 2000, à 11 000 litres par seconde !!!
Et inversement, des minimas à 200 litres par seconde…
C’est donc en 1816 qu’il fut décidé de creuser un canal latéral à la Thérouanne.
Long de 2 210 m il est greffé sur la rivière naturelle au lieu-dit « Le moulinet » où fut implanté un des onze moulins que portait la Thérouanne (un moulin tous les 2 kilomètres, en moyenne... pour une si modeste rivière, excusez du peu !), et à proximité du Château du Gué-à-Tresmes (Congis-sur-Thérouanne).
Il est doté d’un premier pont de pierre à 120 m de sa naissance, donnant sur le parc du château, puis d’un second pont de pierre surnommé « Pont de La Fesse » (On n’a pas connaissance de l’origine de cette curieuse dénomination…) à 1 850 m et d’une passerelle à 2 190 m, juste avant son débouché dans le canal au PK 71,04.
Ce débouché s’inscrit dans un bassin de virage du canal d’une centaine de mètres de longueur sur 18 m en largeur, qui autorisait le demi-tour des bateaux de moins de 16 mètres. Les flûtes et demi-flûtes étant amphidromes n’avaient pas besoin de ce bassin pour inverser leur navigation.
Cette voie d’eau de 4 mètres en moyenne, drainant les 2/3 des eaux de la rivière jusqu’en 2015, était navigable pour de frêles esquifs, en lien avec le Moulinet et le Château.
N’étant plus actif depuis vingt ans, le débit de la Thérouanne étant devenu de plus en plus limité, n’autorisant plus le prélèvement, il s’en est suivi une forte sédimentation ne permettant plus que le passage de navires de moins de 20 centimètres de tirant d’eau. A plus de 4 mètres de longueur, le demi-tour n’est pas possible.
De plus, les berges ne sont que peu entretenues, le tirant d’air sous la végétation surplombante est très limité ! Il peut s’y rencontrer des branchages à demi-immergés.
La navigation, bien que supposée possible et autorisée sur toute sa longueur, n’y est donc pas conseillée !
Ce petit canal est aussi longé par un sentier de randonnée PR très bien balisé formant un diverticule sur le GR 1 B, pour un parcours fort agréable avec vue sur le château et un alignement d’arbres impressionnants.
Par ailleurs, en longeant le Canal sur 2 kilomètres à partir du débouché, on atteint Villers-les-Rigault et son usine élévatoire !

Plan de situation

Carte IGN récente annotée. Infographie AFLO 01/2026
Carte IGN récente annotée
1) Naissance du Canal de la Thérouanne,
2) Pont du Moulinet,
3) Pont de La Fesse,
4) Passerelle du Marais,
5) Débouché dans le bassin de virage.

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