À la découverte de vestiges de la Seconde Guerre Mondiale le long du canal de l'Ourcq.
Toute personne en promenade le long du Canal de l’Ourcq de Mareuil-sur Ourcq, à la
confluence de la rivière Ourcq avec la Marne, ne peut manquer de voir au moins
quelques-uns des dix blockhaus implantés sur sa rive droite, eux-mêmes faisant partie
d’un dispositif de vingt-cinq fortifications le long du Canal lui-même ou de deux de
ses affluents sur leur partie canalisée finale.
Ces vestiges de la Seconde Guerre Mondiale, pour la plupart encore assez bien
préservés, sont des éléments d’une ligne de défense de 130 km, la dernière réalisée en
France et la plus proche de Paris, destinée à compléter la fameuse Ligne Maginot,
mais bien moins connue qu’elle !
Le tronçon lié au Canal ne représente que 25 km environ de cette gigantesque
réalisation comptant au total près de 300 bâtiments et qui fut réalisée en seulement 9
mois, par une trentaine de groupements militaires bâtisseurs cependant que le gros de
l’Armée française bataillait très dur, plus au nord.
Cette ligne défensive s’appuyait sur les rivières Oise, Nonnette, Grivette et Marne,
sur des lisières de forêts et des champs creusés de profonds fossés antichars de 3
mètres de largeur, sur des vallées creuses et des marais inondables à volonté grâce à
des vannages militaires, sur des barrages routiers en tétraèdres de béton armé et… sur
le Canal de l’Ourcq jusqu’à la Marne, le tout complété par le minage des ponts qui
eut lieu le 11 juin.
Cette ligne aurait sans doute pu être très efficace si elle avait été tenue par un effectif de soldats en suffisance et dotés de l’armement complet qui était prévu, mais ce ne fut pas le cas, et elle ne put tenir que du 8 au 12 juin 1940, les 13 et 14 ayant été le théâtre du retrait progressif des troupes françaises.
En rouge, la partie liée au Canal de l’Ourcq et à la partie canalisée d’affluents. Elle fut construite par les groupements militaires 25, 26 et 27 dans les secteurs 4, 5, et 6. Elle compte une trentaine d’ouvrages dont 7 ne sont plus visibles.
Les quatre extraits de carte ci-après permettent de positionner les 30 points forts dont 7 ne sont plus visibles actuellement (en noir sur les quatre plans ci-après).
Nous ne présentons que certains des blockhaus, les plus proches du Canal et les plus visibles voire visitables. (Nos 7, 9, 10, 17 des plans ci-dessus).
Ils sont de dimensions modestes, comparés à leurs homologues Maginot ou à ceux (allemands) des côtes normandes, casemates à canon 25 mm 1934, tourelles à mitrailleuse Hotchkiss 1914, boucliers, encuvements… selon 7 plans-types, et bénéficiant de camouflages diversifiés (branchages, fourrages, pierrailles, tertre herbeux, fausse maison, …).
Des circuits divers ou des aller-retours sont faciles à créer, à pied, à VTT ou vélo, en kayak ou canoë voire en paddle, ou en bateau motorisé permettant d’intéressantes visites jalonnées par ces blocs de 1939, avec diverses visites annexes et activités opportunistes selon les goûts et les saisons.
Se trouve à Neufchelles à 400 m en amont du pont.
Bloc de type 7 qui abritait une mitrailleuse de type Hotchkiss 1914.
Fenêtre de tir orientée vers le nord, couvrant 1300 m de bief dont le débouché du canal du Lignon
Se trouve à Varinfroy à 25 m en aval du pont.
Bloc de type 7 qui abritait une mitrailleuse de type Hotchkiss modèle 1914.
Fenêtre de tir orientée vers le sud, couvrant 700 m de bief.
Se trouve à Crouy-sur-Ourcq, à 60 mètres en amont du pont.
Bloc de type 1 qui abritait un Canon Hotchliss de 25 mm modèle 1934, associé à une mitrailleuse.
Fenêtre de tir orientée vers le sud, couvrant le pont.
Se trouve à Marnoue-La-Poterie, à 120 m en amont du pont.
Bloc de type 7 qui abritait une mitrailleuse de type Hotchkiss modèle 1914.
Fenêtre de tir orientée vers le sud, couvrant le pont.
La ligne Chauvineau comportait des fossés anti-chars, que l'on distingue sur la photographie aérienne ci-dessous, datant de 1950. (source : Geoportail)
Le fossé, de forme trapézoïdale, a en moyenne 2 m de profondeur et 2 à 4 m de largeur. Sa forme est destinée à piéger l'engin blindé ennemi avec une pente Nord ouverte et une pente Sud rectiligne et abrupte tandis que le tracé en zig-zag permet d'opérer un tir de flanquement plus éfficace avec les armes antichars. La ligne Chauvineau en comptait 15 km cumulés.
Ce dispositif, en deux fossés de 250 m en angle de 105° tourné vers le nord, dans les hauteurs de Neufchelles, était redoutable !
Pour davantage de précisions techniques et pour suivre le déroulement des combats, le lien ci‑dessous renvoie vers l’excellent article de Jean Cotrez
https://www.39-45.org/histomag/mag-mai2010.pdf (Page 72)
Pour des informations très complètes :
http://lignechauvineau.free.fr/
Un extrait de mémoire d'étudiant :
La Ligne Chauvineau par Maël Battmann
Photographies AFLO.
Plans de situation : Infographie AFLO sur la base de plans IGN.
Photographie aérienne : Geoportail, IGN
Plans et coupes des ouvrages © Philippe BEUSCART.