Les déversoirs

Le déversoir de Villenoy

troisième en partant de Paris

Les déversoirs permettent de réguler le niveau d’eau du canal entre deux biefs.


Pourquoi enlever de l’eau ?

S’il faut réguler le niveau minimal des biefs successifs du Canal de l’Ourcq, par divers apports d’eau complémentaires et certaines manœuvres éclusières, il est tout aussi important de pouvoir contrôler son niveau maximal dès que d’importantes précipitations atmosphériques, répétées et/ou durables, se manifestent dans les régions qu’il traverse, afin d’éviter débordements et dégradation des berges, mais aussi afin de garantir la sécurité de la navigation, notamment au passage des écluses.

Exceptionnellement, si la pose de batardeaux ne suffisait pas à mettre momentanément à sec une ou plusieurs parties de bief, un déversoir permettrait de le vider entièrement, cependant que le déversoir d’un bief en amont maintiendrait ce dernier à niveau constant.
C’est pourquoi plusieurs déversoirs ont dû être mis en place durant la construction du canal ou postérieurement.

Celui de Villenoy, est l’un d’eux, le troisième en partant de Paris, au PK 43,90.

L'avaloir du déversoir de Villenoy Photo AFLO - 2026
L'avaloir du déversoir de Villenoy

Double effet

Ce déversoir est à double effet.

– Le vannage est en effet immédiatement précédé d’un avaloir bétonné, au niveau maximal voulu, sur 50 mètres de longueur, et d’un cuvelage de 70 x 75 cm prolongé en souterrain par un conduit latéral de section 80 x 60 cm de diamètre et 10 mètres de longueur, débouchant en contrebas. Il évacue l’eau de surface, le cas échéant.
C’est le déversoir passif.
A priori il ne devient fonctionnel que si le vannage ne suffit pas à contenir les eaux en-deçà du niveau limite (en cas de blocage ou manque de personnel par exemple).

La sortie des eaux de l'avaloir au déversoir de Villenoy Photo AFLO - 2026
La sortie des eaux de l'avaloir et du vannage au déversoir de Villenoy

– Le vannage compte deux vannes en bois armaturé de fer de 1 x 1,7 m à crémaillère indépendantes, de type guillotine, encore à manivelle de nos jours , qui libèrent les eaux du fond, le cas échéant.
C’est le déversoir actif.

Villenoy — Vannes en bois armaturé de fer, coté sec

Vannes

Vannes en bois armaturé de fer

Villenoy — Couloir bétonné

Couloir bétonné

L'eau s'écoule dans un couloir bétonné de 2,2 m de largeur et 10 m de longueur


Et ensuite ?

Dans les deux cas, l’eau est réceptionnée dans un couloir bétonné de 2,2 m de largeur et 10 m de longueur, et tolérant 1 m d’eau, passant sous le chemin de halage, en faible pente, qui se poursuit par un chenal bétonné de 110 m dénivelant près de 12 m.
Ce chenal de section rectangulaire crée un lit de 2,2 m de largeur en pente régulière à 7 %.
Il est segmenté par une succession de quatre ressauts respectivement de 2 m, 1,2 m, 0,6 m, 0,3 m et s’insinue sous les voies de chemin de fer Paris-Strasbourg grâce à un tunnel bétonné de 27 m de longueur.
Au-delà, le chenal se poursuit jusqu’à passer sous un petit pont de pierre à arche romane unique et débouche un peu plus loin directement dans la Marne.
Ce déversoir à l’air libre ne bénéficie d’aucune protection hormis un parapet grillé au bord du chemin de halage. Il est sans danger puisque commandé manuellement.
Villenoy - Le chenal — Photo AFLO - 2026
Villenoy - Le chenal
Son débit peut cependant être considérable, au point d’ennoyer tout le chenal sur plusieurs décimètres de fond.
Il est donc dangereux de s’aventurer dans le lit de cette voie d’eau lorsqu’elle est bien active, le courant pouvant être très vif, le lit glissant pour la partie bétonnée, ou bien périlleux du fait des ressauts.
Être entraîné(e) sous le tunnel par un fort débit pourrait aussi se révéler fatal, car il est encombré de grosses canalisations en rive gauche, et souvent barré de branchages morts.
Villenoy — Tunnel sous la voie ferrée
La fin de la voie d’eau est très fortement envasée, selon les crues de la Marne, et s’y enliser profondément est un risque bien réel.
Là aussi, un gros arbre couché depuis des années et d’éventuels embâcles peuvent constituer un piège très dangereux pour un corps humain qui se trouverait emporté par le flux.
Mais, à côté de ces risques, ce déversoir peut être fort esthétique lorsqu’il est actif sous les frondaisons printanières et mérite d’être longé sur sa berge droite sur les 60 premiers mètres !
Ce déversoir commande un bief de 9,5 km entre les écluses de Villenoy et Vignely soit un volume d’environ 70 000 m3 à évacuer, si nécessaire pour un vidage complet.
Villenoy - La sortie du tunnel sous la voie ferrée — Photo AFLO - 2026
Villenoy - La sortie du tunnel sous la voie ferrée
À noter que pour vider un bief entier, il est indispensable soit d’actionner simultanément les déversoirs des biefs en amont soit de neutraliser l’apport en eau au niveau de Mareuil-sur-Ourcq en orientant le flux de la rivière Ourcq canalisée vers son cours naturel.
Parallèlement, il est nécessaire de fermer les écluses en aval et leurs bras de chasse, faute de quoi ces biefs d’aval se videraient aussi !
Villenoy - Gros arbre couché, avant le débouché dans la Marne — Photo AFLO - 2026
Villenoy - Gros arbre couché, avant le débouché dans la Marne

Plan de situation

Carte IGN récente annotée. Infographie AFLO - 2026
Carte IGN récente annotée. Infographie AFLO - 2026

1. – Avaloir de 50 m (altitude 55,50 m)
2. – Vannage 2 portes à guillotine, à crémaillère
3. – 1er ressaut, de 2 m
4. – 2ème ressaut, de 1,2 m
5. – 3ème ressaut, de 0,6 m
6. – Entrée dans le tunnel sous-voie ferrée (26 m)
7. – 4ème ressaut, dans le tunnel, de 0,3 m
8. – Passage sous un petit pont de pierre
9. - Segment non maçonné très limoneux
10. - Gros arbre avant débouché dans la Marne, (altitude 41,50 m)
11. - La Marne

Toutes les photos de cette page : AFLO - Février 2026

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