Histoire

La flûte d'Ourcq


Un bateau spécifique

29 - Noisy-le Sec - Le canal – Éditeur : B.F., Paris – Date : 16 août 1916 (date de la Poste) – Collect. Bergus
Le gabarit spécifique du canal de l'Ourcq avec des courbes serrées, une faible profondeur et des écluses ne faisant que 3,20 mètres de large lors de sa construction, a conditionné la taille des bateaux qui y circulaient. Les flûtes d'Ourcq ont navigué sur tout le parcours des canaux parisiens dès leur achèvement jusqu'à l’arrêt du trafic de marchandises sur la partie à petit gabarit du canal de l'Ourcq en 1960.

D'une longueur de 28,50 mètres, une largeur de 2,70 à 3,00 mètres, la flûte d'Ourcq possède un fond plat. Son enfoncement est faible, de l'ordre de 80 centimètres et ses lignes sont inspirées de la péniche flamande. Les flûtes d'Ourcq pouvaient transporter 75 à 85 tonnes de marchandises, essentiellement du bois, des céréales, des pierres de carrière, du sable et du plâtre. (Voir statistiques de la navigation)

A l’origine, c'est à dire entre le début du 19e et le début du 20e siècles, elles étaient construites entièrement en bois, par les établissements Bourgeois de Lizy-sur-Ourcq. Par la suite, vers 1920, les côtés étaient en tôle, seul le fond était en bois. Les plus récentes étaient entièrement en tôle.

Ces bateaux étaient amphidromes, ils pouvaient naviguer dans les deux sens sans avoir à opérer de retournement et ils étaient généralement dépourvus de gouvernail[1]. Ils se manœuvraient à la perche, descendaient avec le courant (2 à 3 km/h) et remontaient en étant halés soit par des chevaux, soit à la bricole c’est à dire tirés par des hommes, et parfois des femmes qui tricotaient tout en tirant.

Parfois, jusqu’au début du 20e siècle, elles comportaient une habitation d’environ 9 m2 qui permettait de loger le marinier, son épouse et ses enfants, dans des conditions d’extrême promiscuité.

Des bateaux de même forme mais plus petits circulaient aussi. Appelés demi-flûtes, ils mesuraient 16 mètres de long pour 2,60 mètres de large.

[1] Un arrêté préfectoral du 23 janvier 1844 rendait pourtant obligatoire la présence d'un gouvernail rigide de 2 m ou d'un gouvernail à articulation de 3 m avec 1 m de partie ployante. On relève dans les comptes-rendus du Conseil d'administration de la Compagnie des Canaux que des mariniers étaient condamnés à des amendes pour absence de gouvernail. La largeur des flûtes était aussi soumise à un contrôle.

Il n'existe plus de flûtes
sur le canal de l'Ourcq

Demi-flûte | Photo Daniel BERNAL/AFLO
On peut encore rencontrer quelques exemplaires de demi-flûtes en flanant sur les bords du canal de l'Ourcq. Elles sont encore utilisées par les ouvriers du service des canaux pour l'entretien.
Mais il ne reste malheureusement plus aucun exemplaire des plus anciennes flûtes construites entièrement en bois par les établissements BOURGEOIS à Lizy-sur- Ourcq.
Les établissements Bourgeois à Lizy-sur-Ourcq vers 1910 CPA collection BerGus

Les établissements Bourgeois
à Lizy-sur-Ourcq vers 1910
CPA collection Bergus

Sur une flûte construite par les établissements Bourgeois - Photo AFLO

Bourgeois à Lizy
Pièce de fonderie sur une flûte
photo BG/AFLO

En collaboration avec l'association AMERAMI spécialiste de la restauration de bateaux du Patrimoine, (voir article La Vigie) AFLO souhaitait restaurer trois flûtes datant des années 1920.
L'une d'entre elles, qu'il était prévu de restaurer à Lizy, à proximité de son lieu de construction, a malheureusement dû être déchirée.
La flûte en métal avec un plancher en bois, sortie de l'eau à Mareuil-sur-Ourcq en 2007, a été transportée en 2015 à l'usine élévatoire de Trilbardou, où elle est exposée hors de l'eau, comme on le voit sur les photos ci-dessous.

Flûte d'Ourcq, construite vers 1920.
Plancher bois sur profilés en acier, coque en tôle d'acier rivetée.
Photos : Daniel BERNAL & Christian DARGUESSE/AFLO 2015-2019

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