Les écluses

L’écluse de Fresnes-sur-Marne

deuxième en partant de Paris
PK 32,900

Le Canal de l’Ourcq : entre ingénierie et escapade au fil de l’eau

À son origine, le Canal de l’Ourcq suivait une pente calculée par Pierre-Simon GIRARD, et objet à cette époque d'une polémique scientifique (voir Histoire du Canal). Il était alimenté par un débit certes capricieux mais jugé suffisant tout au long de l’année. Conçu d’abord comme un simple aqueduc destiné à répondre aux besoins en eau de Paris, il révéla rapidement ses limites dès lors que l’on envisagea d’y faire circuler des bateaux, même modestes, d’un tirant d’eau d’environ un mètre en charge.
La pente, bien que faible, générait un courant trop puissant pour la remontée des embarcations chargées. Selon les saisons, on observait tantôt des excès d’eau, tantôt des hauts-fonds, rendant la navigation aléatoire. C’est pourquoi, vingt ans après son ouverture officielle, d’importants travaux furent entrepris pour étager la descente du canal et garantir une navigabilité constante.
Cinq écluses à faible hauteur de chute — environ 50 à 60 cm — furent alors projetées. L’ingénieur Émile VUIGNER fut chargé de mener ces chantiers simultanément, et il conçut des ouvrages singuliers :
  • des sas de dimensions originales : 58 m de long pour 3,2 m de large,
  • une gémellité inédite : deux sas identiques côte à côte,
  • un îlot de service central,
  • un chenal de dérivation assurant l’écoulement permanent et la régulation via un barrage à aiguilles manœuvré manuellement par l'éclusier.
Fresnes-sur-Marne – L'Ecluse du Canal de l'Ourcq<br>CPA édition Voidet, vers 1919 — <i>collection Bergus</i>
Fresnes-sur-Marne – L'Ecluse du Canal de l'Ourcq
CPA édition Voidet, vers 1919 — collection Bergus
Ces écluses, équipées de portes en bois à deux battants symétriques actionnées à bras d’homme, furent mises en service entre 1841 et 1843, entre la Beuvronne et la Thérouanne. Elles offraient une remarquable fluidité au trafic, notamment pour les bateaux-poste, véritables navettes entre Paris et Meaux, prioritaires depuis 1838.

L’écluse de Fresnes-sur-Marne : un patrimoine vivant

Située au PK 32,90, l’écluse de Fresnes-sur-Marne a été profondément remaniée à la fin du XXe siècle. Elle est désormais dotée d’un sas unique, de de longueur réduite de 20 m par rapport à la précédente, mais élargi à 5,20 m, équipée de portes métalliques et d’un système de manœuvre en libre-service via une borne à clé « A », délivrée par le Service du canal de Meaux ou de Paris.
Entre ce sas et le chenal s’étend aujourd’hui un vaste îlot arboré, accessible au public, véritable havre de verdure où l’on peut observer les installations modernes, notamment les vannes basculantes et leurs remous caractéristiques. La maison éclusière, reconstruite et améliorée en 1955, accueille toujours les agents du canal et la famille de l’éclusier, même si les flûtes de l’Ourcq et les bateaux de fret ont cessé de circuler depuis 1960.
Quelques embarcations de plaisance de petit gabarit empruntent encore ce passage, ajoutant une touche de vie au décor.
Fresnes-sur-Marne — L'écluse — photo AFLO - 02/2026
Fresnes-sur-Marne — L'écluse — photo AFLO - 02/2026

Un lieu de détente et de rencontres

Bien que Fresnes-sur-Marne ne compte qu’environ un millier d’habitants, la commune se distingue par son dynamisme. L’écluse constitue un point d’animation régulier, accueillant événements festifs et rendez-vous culturels. C’est aussi une étape appréciée des randonneurs et des usagers du canal, qui y trouvent un cadre paisible, verdoyant et souvent fleuri, idéal pour une pause ou un pique-nique.
Un lieu où l’ingénierie du XIXe siècle dialogue avec la douceur des paysages, offrant à chacun un moment suspendu au fil de l’eau.

Ressources et liens utiles

Pour tous renseignements relatifs à la navigation, vous pouvez consulter ces documents :

Un lien vers des images de l'écluse et plus encore…

Retourner en haut de la page ou choisir une autre page de cette rubrique :