Les écluses

L’écluse de Villenoy

quatrième en partant de Paris
PK 47,500

Le Canal de l’Ourcq : entre ingénierie et escapade au fil de l’eau

À son origine, le Canal de l’Ourcq suivait une pente calculée par Pierre-Simon GIRARD, et objet à cette époque d'une polémique scientifique (voir Histoire du Canal). Il était alimenté par un débit certes capricieux mais jugé suffisant tout au long de l’année. Conçu d’abord comme un simple aqueduc destiné à répondre aux besoins en eau de Paris, il révéla rapidement ses limites dès lors que l’on envisagea d’y faire circuler des bateaux, même modestes, d’un tirant d’eau d’environ un mètre en charge.
La pente, bien que faible, générait un courant trop puissant pour la remontée des embarcations chargées. Selon les saisons, on observait tantôt des excès d’eau, tantôt des hauts-fonds, rendant la navigation aléatoire. C’est pourquoi, vingt ans après son ouverture officielle, d’importants travaux furent entrepris pour étager la descente du canal et garantir une navigabilité constante.
Cinq écluses à faible hauteur de chute — environ 50 à 60 cm — furent alors projetées. L’ingénieur Émile VUIGNER fut chargé de mener ces chantiers simultanément, et il conçut des ouvrages singuliers :
  • des sas de dimensions originales : 58 m de long pour 3,2 m de large,
  • une gémellité inédite : deux sas identiques côte à côte,
  • un îlot de service central,
  • un chenal de dérivation assurant l’écoulement permanent et la régulation via un barrage à aiguilles manœuvré manuellement par l'éclusier.
Ces écluses, équipées de portes en bois à deux battants actionnées à bras d’homme, furent mises en service entre 1841 et 1843, entre la Beuvronne et la Thérouanne. Elles offraient une remarquable fluidité au trafic, notamment pour les bateaux-poste, véritables navettes entre Paris et Meaux, prioritaires depuis 1838.
L’écluse de Villenoy, quatrième en partant de Paris, est l’une de ces cinq écluses.
Villenoy - Canal de l'Ourcq - L'Écluse —
CPA éditeur J.B., vers 1910 — Collection Bergus
Villenoy - Canal de l'Ourcq - L'Écluse — CPA éditeur J.B., vers 1910 — Collection Bergus

L’écluse de Villenoy : un patrimoine vivant

Située au PK 47,50, l’écluse de Villenoy a été profondément remaniée à la fin du XXe siècle. Elle est désormais dotée d’un sas unique, d’une longueur réduite de 20 mètres mais élargi à 5,2 m, équipé de portes métalliques et d’un système de manœuvre en libre-service via une borne à clé « A », délivrée par le Service du canal de Meaux ou de Paris.

Entre ce sas et le chenal s’étend aujourd’hui un vaste îlot arboré, accessible au public, véritable havre de verdure où l’on peut observer les installations modernes, notamment les vannes basculantes de type AMIL et leurs remous bouillonnants caractéristiques.

La maison éclusière est occupée par la famille de l’éclusier, même si les flûtes de l’Ourcq et les bateaux de fret ont cessé de circuler depuis 1960. Quelques embarcations de plaisance de petit gabarit empruntent encore ce passage, ajoutant une touche de vie au décor.

En face, sur la rive gauche, se trouvent les ateliers du service des Canaux de la ville de Paris, où sont entreposés les bateaux de service et les équipements d’entretien, ajoutant une touche d’animation à ce site chargé d’histoire.

Villenoy — Vue générale de l'écluse — photo AFLO - 02/2026
Villenoy — Vue générale de l'écluse — photo AFLO - 02/2026

Ressources et liens utiles

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